Né en 1990 à Marrakech

Adil a été attiré par les arts plastiques dès son plus jeune âge. A cinq ans, avec une craie et une ardoise, il reproduit les images qu’il trouve dans les manuels scolaires. Tout en découvrant la musique, la danse, il crée de manière quasi automatique, instantanée, en puisant son inspiration dans son environnement proche. Il étudie les techniques de dessin et de peinture à l’Ecole des Beaux-Arts de Tetouan et s’intéresse à la photographie, à la vidéo et à l’art conceptuel. A travers ses recherches sur les artistes et auteurs qui l’inspirent, il se nourrit des idées véhiculées par le mouvement Fluxus, pour la promotion d’un art démocratisé et libéré des dogmes bourgeois. Il trouve ainsi une aisance à créer librement, en recherchant l’originalité dans son approche des arts plastiques. Il détourne les matériaux et les objets qu’il croise dans son quotidien et qui lui permettent de donner vie à ses idées (affiches, pages de magazines, pochettes de vinyles etc.). Son processus de création est alimenté, comme un aller-retour entre une idée et une évidence qui s’impose à lui et qui trouve son écho dans le réel, à un moment inattendu. Influencé par la pensée de Krishnamurti, la démarche créative d’Adil s’inscrit dans ce que le penseur appelle « l’attention vigilante de chaque instant ». Seul le présent existe, la conscience ouverte et l’éveil de tous les sens permettent la création.

Son adolescence est marquée par une phase de repli et d’introspection. Malgré les doutes et le mal-être que cet âge impose, Adil refuse le conditionnement social. Il observe et analyse de façon froide et chirurgicale l’impact de l’environnement sur les individus, leurs visages, leurs expressions et leurs comportements. Ses observations le renvoient à sa propre quête d’identité, comme un effet miroir, vecteur de connaissance de soi. Il s’interroge sur les qualités innées de l’être humain, celles inscrites dans sa mémoire et son capital génétique, ainsi que sur les effets de l’expérience. L’amour, l’éducation et l’ensemble des valeurs que reçoit l’individu au cours de son enfance, constitue le socle nécessaire pour révéler sa véritable personnalité. Ainsi, l’homme construit sa mythologie personnelle et ses expériences influencent son comportement en société. Selon le philosophe Emmanuel Levinas, le visage est la rencontre de l’autre : «voir le visage, c’est parler du monde. Parler, c’est rendre le monde commun». Fortement influencé par la pensée de l’auteur, Adil se poste en observateur de l’humain et traite principalement dans ses travaux, de la relation du sujet à l’autrui.

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